Au bout des doigts

En salle le

26 décembre 2018

De

LUDOVIC BERNARD

Avec

JULES BENCHETRIT, LAMBERT WILSON, KRISTIN SCOTT THOMAS

Genre

Drame (1h46)

Distributeur

Pathé

La musique est le secret de Mathieu Malinski. Alors qu’un des petits cambriolages qu’il fait avec ses copains le mène aux portes de la prison, le directeur du Conservatoire National Supérieur de Musique décèle en lui un futur très grand pianiste.

Carnet de notes

Présélectionné au César 2019 du meilleur espoir masculin, Jules Benchetrit se tire avec un brio très prometteur de son premier grand rôle au cinéma.

Comment êtes-vous devenu le pianiste qu’on voit dans le film ?

Jules Benchetrit : Je n’avais aucune notion de piano : avant de démarrer le tournage, pendant trois mois, on a travaillé deux heures par jour avec Jennifer Gichet et son mari Boris. Jennifer est une très grande pianiste. Elle m’a fait bosser comme un dingue ! Elle m’a donné beaucoup et m’a appris la profondeur de la musique pour incarner le personnage. Après, on a répété, et répété, et encore répété… Et c’est devenu de plus en plus facile ! Boris est également un grand musicien : non seulement il m’a fait aimer la musique classique, mais il m’a aussi fait découvrir tous ses codes que j’ignorais.

Qu’est-ce qui vous a intéressé dans le scénario ?

Le personnage de Mathieu m’a séduit et ému. Ce garçon s’est construit sans père, il a pris la place de l’homme de la maison, il veut se perdre dans ce qu’il aime, il porte une carapace qui cache un gamin qui a besoin de se déchaîner en pénétrant la musique. Il a perdu tous ses repères à la mort de son prof de musique, Monsieur Jacques. Ce prof avait été une sorte de père de substitution : il lui a donné beaucoup, et particulièrement ce goût pour la musique.

Comment pourriez-vous décrire votre personnage ?

Ce n’est pas explicite dans le film, mais Mathieu est d’origine polonaise. C’est un petit voyou de banlieue qui fait pas mal de trafics, qui est très influençable, et qui se laisse entraîner par ses copains à faire une grosse bêtise : le cambriolage d’une maison cossue où se trouve un très beau piano. Sans jouer, il s’installe devant l’instrument et se laisse alors envahir par la musique qui vibre dans sa tête jusqu’à l’arrivée de la police. Ce qui m’a touché, c’est le rôle salvateur de la musique dans sa vie.

Il n’a pas les codes…

Il n’a pas reçu d’éducation musicale, il n’a ni les codes ni la gestuelle, mais il a cette oreille qu’ont les vrais musiciens et une grande sensibilité. Il a un don. Ce qui lui manque, il va l’apprendre avec une comtesse, convaincu pourtant de ne pas pouvoir réussir dans ce monde auquel il n’appartient pas.

Il accepte diffcilement de se plier à la rigueur et au travail…

Il a beaucoup de mal car il manque de discipline et se laisse déborder par ses émotions : il cède à l’impulsivité et à la colère. Il fuit devant trop d’exigences, mais le chaos de ses émotions s’apaise dès qu’il joue au piano.

« Au bout des doigts » a-t-il modifié votre regard sur la musique classique ?

J’aimais bien Mozart grâce au film « Amadeus », mais avant ce tournage, je n’écoutais pas beaucoup de musique classique. Depuis, j’aime Chopin pour sa mélancolie, Brahms pour sa fureur. Cette expérience m’a donné envie de jouer d’un instrument, et j’envisage de me mettre… à la guitare.

Jules Benchetrit