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LE TRIOMPHE DE « DEADPOOL » EST PASSÉ PAR LÀ, ET ÇA SE VOIT !

Hellboy – Call Of Darkness

En salle le

8 mai 2019

De

N. Marashall

Avec

D. Harbour, I. Mcshane, M. Jovovich

Genre

Fantastique (1h54)

Distributeur

Ascot Elite

Hellboy est de retour, et il va devoir affronter en plein cœur de Londres un puissant démon revenu d’entre les morts pour assouvir sa vengeance. Mi-homme, mi-diable, saura-t-il maîtriser les pulsions contradictoires qui l’habitent ?

C’est dans des aventures et une tonalité générale totalement renouvelées que le demi-diable écarlate entend bien faire table rase du passé.

Qu’on se le dise : Hellboy revient d’entre les morts, tel un phénix ressuscité des flammes de l’enfer. Quinze ans après avoir embrasé les écrans sous la caméra de Guillermo Del Toro et onze ans après sa dernière apparition dans « Les Légions d’or maudites », le rougeoyant démon cornu né en 1994 grâce à l’imagination et au crayon de Mike Mignola effectue un come-back particulièrement fracassant.

L’EFFET « DEADPOOL »

Les fans de la première heure doivent cependant être prévenus. Il ne retrouveront ici ni le style visuel du réalisateur de « La Forme de l’eau », ni la prestance inimitable de l’acteur Ron Perlman, double titulaire du rôle-titre, ni encore l’esprit relativement « bon enfant » d’autrefois. Car, entre-temps, un certain « Deadpool » est passé par-là. Ironique, décalé, mais surtout ultra violent, il a prouvé contre toute attente qu’un « super hero movie » frappé dans le monde entier d’une interdiction (aux moins de 18, 17, 16, 14 ou 12 ans selon les pays) était tout aussi capable de rapporter des dollars par centaines de millions que n’importe quel spectacle accessible à tous les publics. L’ennui, si on peut dire, c’est que Guillermo Del Toro et son comédien fétiche ont eux-mêmes tenté de mettre sur pied ce troisième volet, y compris via un référendum sur les réseaux sociaux, en assurant qu’il conserverait la tonalité comico-humaniste et l’esthétique que ses prédécesseurs. Or, après la tempête « Deadpool », toutes les cartes se sont vu redistribuées d’un seul coup : les spectateurs d’aujourd’hui ne sont (déjà) plus ceux de 2004 ou de 2008, les geysers de sang peuvent tout à fait cohabiter avec le sarcasme et la pure méchanceté dans l’univers trop souvent codifié des super héros… En un mot comme en cent, « Hellboy » était fin prêt pour une sacrée cure de modernité.

CARTE BLANCHE

Le principal artisan du retrait forcé de Guillermo Del Toro n’est autre que Mike Mignola, le propre créateur du personnage. Au demeurant ravi de la popularité mondiale apportée par les deux premiers films, il a finalement décidé que le troisième opus se devrait d’être davantage fidèle à l’ambiance et à l’identité visuelle de ses BD, c’est-à-dire brutal, sombre, foncièrement horrifique et, par voie de conséquence, absolument pas calibré pour une sortie cinéma en famille. Réputé pour le très gore « The Descent » et sa mise en scène de deux épisodes marquants de la série « Game of Thrones », le réalisateur anglais Neil Marshall n’a pas été immédiatement emballé à l’idée de reprendre le flambeau « Hellboy », au point d’avoir d’abord décliné la proposition. « Même si j’admire profondément ses films, je n’ai pas la même approche du cinéma que Guillermo Del Toro et je ne voyais pas ce que je pouvais apporter de personnel à une saga qui portait à ce point sa signature », dit-il. Mais en apprenant qu’on attendait au contraire de lui qu’il revitalise de fond en comble la franchise et qu’il aurait carte blanche en matière de scénario, de casting et de violence, c’est avec un enthousiasme sans limites qu’il s’est lancé dans l’aventure.

LE LABEL DE LA BÊTE

Remarqué dans la série « Stranger Things », c’est au comédien David Harbour qu’est revenue la charge de rajeunir le fondamentalement « monstrueux » Hellboy dans des aventures qui le confrontent aujourd’hui aussi bien à une femme on ne peut plus « fatale » (Milla Jovovich) qu’à des ennemis à l’apparence, au comportement et aux desseins cauchemardesques. « Même s’il se veut d’abord un divertissement de choc qui ne recule jamais devant la violence la plus éclaboussante, le film ne perd jamais de vue la dualité qui déchire le personnage », explique Neil Marshall. « Moitié humain, moitié démon, il doit vivre pour le meilleur et pour le pire avec ces deux composantes aussi fondamentales que contradictoires, et je pense que les meilleures scènes du film sont celles où il les affronte. »

Si vous avez aimé « Deadpool », il y a de fortes chances pour que ce « Hellboy » 2019 soit fait pour vous.