Le Gendre de ma Vie

En salle le

19 décembre 2018

De

FRANÇOIS DESAGNAT

Avec

KAD MERAD, PAULINE ÉTIENNE, JULIE GAYET

Genre

Comédie (1h42)

Distributeur

Pathé

Stéphane et Suzanne sont parents de trois jeunes femmes ; le tableau peut sembler idéal, mais Stéphane n’a jamais eu de fils et a toujours rêvé d’en avoir. Pour combler cette frustration, il s’accapare ses gendres et en tombe plus vite amoureux que ses filles.

Kad est haut

Enfin héros d’une comédie digne de lui, Kad Merad fait des étincelles en père de trop nombreuses filles.

Aviez-vous vu « Adopte un veuf », le précédent film ce François Desagnat ?

Kad Merad : Oui, et j’avais beaucoup aimé. C’est à l’Alpe d’Huez où j’étais président de jury que j’ai rencontré François Desagnat. Je lui ai décerné un prix et, en luttant contre ma timidité, je lui ai dit que j’avais aimé son film et que je serais heureux de travailler avec lui si un projet se présentait.

Vous n’avez pas été déçu par le scénario qu’il vous a proposé ?

À l’origine, c’était un scénario américain : je l’ai lu, je l’ai trouvé très drôle, très rythmé, bien adapté, et j’ai été sous le charme. La trame était excellente et je n’avais jamais joué un père de trois grandes filles, si bien que ce nouveau personnage me convenait bien. Et puis, quand on rit dès la lecture et qu’on connaît le metteur en scène, c’est facile de se projeter sur le plateau et d’être certain que ce sera réussi ! Au final, le résultat a dépassé mes attentes car il y a une dimension humaine qui n’apparaît pas dans le scénario. Le film est très incarné.

Comment définir Stéphane, votre personnage, tellement désappointé de ne pas avoir de garçon qu’il se prend d’une affection délirante pour les petits amis de ses filles ?

Je pourrais être cet homme-là : même si je suis encore très jeune (rires), j’ai l’âge d’avoir des filles du même âge que celles du film. Mais c’est très nouveau pour moi, très agréable aussi, et j’imagine dans la vie réelle toutes les angoisses que cela peut procurer. J’imagine aussi les relations qui se nouent entre un père et ses filles. Ça me plaît et ça m’amuse de me projeter, mais je ne pense pas que moi, j’étoufferais dans un univers féminin. Mon père a fait le chemin inverse : il a eu une fille après trois garçons !

Si Stéphane aime profondément ses filles, il est assez égoïste dans son attitude…

C’est véritablement tout le sujet du film! Mon personnage souffre de vivre exclusivement au milieu de femmes, chez lui comme dans sa vie professionnelle. Il est comblé, mais c’est un insatisfait qui ne connaît pas son bonheur. Il regrette un manque de complicité avec un garçon, son impossibilité à partager sa passion pour des activités considérées comme masculines – la mécanique ou le sport – ou à partager des jeux virils : il s’agit moins d’égoïsme que de frustration. Il souhaiterait partager ses goûts et ses plaisirs avec ses fille,s mais il ne trouve auprès d’elles aucun écho, et du coup il rumine ses frustrations. Ce qui le rend peu attentif, excessif parfois, décalé peut-être car il n’a pas conscience de leur gâcher la vie.

Il est souvent en rivalité…

C’est un homme paradoxal: il recherche une complicité masculine et jette son dévolu sur le petit ami de sa fille, mais ne supporte pas de voir arriver un homme dans son univers professionnel.

C’est aussi très drôle que son meilleur pote soit… une elle!

Oui, son meilleur copain est une fille… homosexuelle! C’est une des bonnes ficelles du scénario. Zabou Breitman incarne une femme qui a un comportement masculin, presque caricatural par moments. Leur amitié est intéressante, elle est ancienne, ils ont fait leurs études ensemble, ils sont devenus complices, et se confient autour d’un verre. Iil y a vraiment quelque chose de viril dans leur relation.

Comment s’est passée votre collaboration avec Pauline Étienne et avec vos deux autres « filles » ?

Ces trois filles ont chacune des personnalités très différentes et quelque chose de très attachant. Je ne connaissais pas Pauline qui a davantage tourné pour le cinéma d’auteur : elle a un jeu d’une grande justesse, un rythme très personnel, et c’était agréable de travailler avec elle. Mes deux autres « filles » venaient de la comédie et du théâtre, et entrer dans une comédie familiale leur a été plus facile. Mais le mélange de genre et d’énergie est une vraie source d’enrichissement. Moi, je suis un homme de troupe et j’aime bien partager avec une bande. J’ai trouvé sur le plateau un bel équilibre.

Quel réalisateur est François Desagnat?

Sa direction d’acteur est discrète, pudique, entière et équilibrée pour chaque comédien. C’est un garçon délicat et bienveillant, mais dont on sent la détermination. Ses choix sont précis. Les personnages sont hauts en couleur, il nous a laissé la liberté de leur apporter ce qu’on voulait, mais le cadre restait posé, bien dé ni. Il y a beaucoup de souplesse dans la direction de François, c’est pourquoi sa mise en scène est si élégante. Il y a une vraie fluidité et une belle émotion qui se dégage à l’écran.