Rémi Sans Famille

En salle le

12 décembre 2018

De

ANTOINE BLOSSIER

Avec

DANIEL AUTEUIL, MALEAUME PAQUIN, VIRGINIE LEDOYEN

Genre

Comédie dramatique (1h49)

Distributeur

Pathé

Les aventures du jeune Rémi, orphelin recueilli par la douce Madame Barberin, arraché à sa mère adoptive et confié à un mystérieux musicien ambulant. A ses côtés, il va apprendre la rude vie de saltimbanque et à chanter pour gagner son pain.

Papi Daniel

Superbe en vieil homme qui prend sous son aile un petit orphelin, Daniel Auteuil ajoute un nouveau grand rôle à sa très riche carrière.

Aviez-vous lu le roman d’Hector Malot ?

Daniel Auteuil : Petit, ma mère m’avait acheté le double volume en inscrivant sur la page de garde : « Pour Daniel, à lire plus tard », ce que j’ai fait… beaucoup plus tard. J’avais surtout le souvenir des adaptations cinématographiques qui en ont été tirées : une histoire très forte qui résonne toujours aujourd’hui : comment sortir de la pauvreté, se battre, trouver sa voie…?

C’est pour ça que vous vous êtes engagé très vite et très en amont sur le film ?

J’ai lu le scénario d’Antoine Blossier et je l’ai appelé aussitôt. L’idée de renouer avec un texte classique, une grande histoire populaire, familiale et universelle, me plaisait. L’exercice est finalement assez rare. Il y avait de l’ambition dans ce projet, une promesse d’aventure.

Antoine Blossier a pris pas mal de libertés avec le texte original.

Il l’a fait de façon très habile en s’adaptant à notre époque. Il le détourne légèrement, le bouscule un peu, lui donne du rythme et lui permet d’entrer dans le vingt et unième siècle. C’était le seul moyen pour en faire un grand film de cinéma contemporain.

Connaissiez-vous ses deux précédents films, « La Traque » et « À toutz épreuve » ?

Non. J’ai pensé : « S’il arrive à monter son projet, ça veut dire qu’il a des qualités. » Ce sont des choses qu’on sent d’instinct. Il n’y a pas de calcul là- dedans.

Comment vous êtes-vous préparé pour interpréter Vitalis ?

Je me suis laissé pousser la barbe, j’ai un peu répété avec les animaux – c’était facile, j’en ai toujours eu près de moi. C’est tout. Je prépare léger, vous savez.

C’est la première fois que vous interprétez un homme aussi âgé. Ça ne vous a pas posé de problème ?

Non, puisque j’ai l’âge du rôle ! C’est notre chance à nous autres comédiens de pouvoir jouer à chaque étape de notre vie des personnages qui nous correspondent.

Antoine Blossier établit un parallèle entre votre Ugolin de « Jean de Florette »/ »Manon des sources »  et le Vitalis de « Rémi sans famille »…

C’est sa projection à lui. En revanche, même si trente ans ont passé et si l’image des films de Claude Berri est très différente de celle du film d’Antoine, les deux entreprises partagent en effet la même ambition.

Comment jugez-vous cet homme qui a choisi d’abandonner sa glorieuse vie passée afin de sillonner les routes de France en pensant ainsi expier la mort de sa femme et de son fils ?

C’est un type rongé par la culpabilité. Au fond, l’interprétation qu’en fait Antoine lui permet de transmettre à Rémi ce qu’il n’a pas pu transmettre à son propre fils. En accédant ainsi à une forme de rédemption, Vitalis contribue à l’émotion qui parcourt le film.

Sur les tournages, vous êtes réputé pour votre extrême décontraction…

J’ai une grande expérience, maintenant, j’ai eu la chance de côtoyer de très grands artistes, et du temps pour apprendre à ne jamais faire peser sur les autres le poids du travail. Ce sont des soucis qu’on doit garder pour soi. La légèreté est une politesse.

Qu’avez-vous ressenti en donnant la réplique à Maleaume Paquin, qui joue Rémi et qui avait 11 ans au moment du tournage ?

Je ne me suis pas posé de question. J’ai joué normalement, et lui aussi : c’était un acteur à part entière qui interprétait sa partition. Il lui est arrivé quelquefois de mélanger un peu les priorités quand il chante : il y mettait beaucoup d’émotion, même lorsqu’il s’agissait d’un playback, mais s’il n’avait pas été capable de chanter comme il le fait, il n’aurait jamais pu exprimer ce qui passe alors sur son visage. Je l’encourageais, je suis un bon partenaire…

Le film comporte une impressionnante scène de tempête…

On l’a tournée durant plusieurs jours en studio, et ce n’est pas le meilleur souvenir que je garde. On nous balançait sans arrêt de la fausse neige sur le visage, c’était éprouvant, pas marrant du tout. En même temps, dans ces moments-là, on est content d’être un acteur français parce qu’aux États-Unis, on serait partis dans un trucage où on nous aurait mis des points partout sur le corps et le visage pour transformer nos silhouettes en hologrammes qui auraient joué à notre place. Nous, on était là, dans la neige, à en baver, et je suis persuadé que le résultat est meilleur.

Entre la mise en scène « Amoureux de ma femme » au cinéma et de « L’Envers du décor » au théâtre, le rôle principal du « Brio » et le doublage de « L’Île aux chiens », ces deux dernières années ne vous ont pas épuisé ?

Pas du tout ! Je viens même de terminer le tournage de « T’exagères » de José Alcala, avec Catherine Frot et Bernard Le Coq. J’ai de l’énergie à revendre et du plaisir à faire mon métier. Alors j’en profite.