SOPHIA ANTIPOLIS

En salle le

5 décembre 2018

De

VIRGIL VERNIER

Avec

DEWI KUNETZ, HUGUES NJIBA-MUKUNA, SANDRA POITOUX

Genre

Drame (1h38)

Distributeur

Sister Distribution

Dans un territoire étrange entre la mer Méditerranée, la forêt et les montagnes, sous un soleil aveuglant, des hommes et des femmes sont à la recherche  d’un sens, d’un lien social, d’une communauté. Ils vont croiser le destin d’une jeune fille disparue.

Contes de la folie ordinaire

Succession de séquences à la fois hypnotiques et perturbantes, le film de Virgil Vernier dégage une sacrée personnalité.

Pourquoi ce film à ce moment-là de votre vie ?

Virgil Vernier : Mon précédent film, “Mercuriales”, se passait en banlieue parisienne. Ce nouveau film se passe entre Nice et Cannes, à l’autre opposé de la France, un autre décor important de ma vie. Une Côte d’Azur de la marge, de la solitude, de la violence, plongée sous un soleil oppressant. Enfin, l’architecture de la technopole de Sophia Antipolis, cet espace de bureaux à la sortie de la ville, m’intéressait pour y situer un fait divers macabre.

Trois films qui, combinés, donnent une idée du vôtre ?

Je ne saurais pas vous dire, je ne pense pas de cette manière-là ! Pour ce film, je ne me suis servi que de ma vie, de mes souvenirs et des enquêtes que j’ai faites sur les milieux dont je voulais parler.

Une référence hors cinéma qui vous a inspiré ?

J’aime bien le roman de Faulkner “Les Palmiers sauvages”, qui est divisé en deux parties avec une alternance, chapitre après chapitre, de deux récits qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre. J’ai voulu faire un film construit sur deux parties indépendantes, dont les personnages ne se croisent pas, mais qui communiquent par des liens mystérieux. À la fin, ces deux parties vont résonner avec une troisième histoire, plus courte, qui sert de prologue et ressurgit dans la dernière partie du film.

Une anecdote sur la préparation du projet, le tournage, ou pendant le montage ?

Autant pour écrire les séquences que pour recruter les acteurs de mon film, j’ai besoin de me plonger dans les milieux dont je veux parler. Ainsi je me suis fait passer pour l’assistant d’un grand chirurgien plastique pour préparer les séquences de la clinique de chirurgie esthétique. J’ai vu plein de filles défiler pour des opérations de la poitrine, c’était intéressant de découvrir le rapport étrange aux standards de la beauté actuelle. Ensuite, pour inventer le groupe ésotérique qui est au centre de la première partie du film, je suis entré chez les Témoins de Jéhovah pendant six mois, pour recueillir des choses sur leur imagerie et leur manière de parler, puis dans l’Église de la Scientologie. Enfin, pour écrire et constituer la “milice” de la deuxième partie, j’ai passé du temps avec des gens qui pratiquent le “kalah system”, un sport d’autodéfense qui est la version ultra moderne et post-attentat du Krav Maga.

Quelles valeurs voulez-vous transmettre dans votre cinéma ?

Je ne cherche pas à transmettre de valeurs ! Je laisse le spectateur libre de juger selon son propre système de valeurs. J’ai cherché à ne pas me situer dans une position morale ou de jugement vis-à-vis des personnages qui peuplent mon film. Je peux me reconnaître dans ces gens perdus qui semblent errer au milieu d’un monde qui ne leur donne pas de réponse.

Le réalisateur Virgil Vernier  |  ©Thomas Smith