à la une

« Tout petit, ma chambre était déjà envahie par l'Homme-Araignée. » – Tom Holland

Spider-Man: Far From Home

En salle le

3 juillet 2019

De

J. Watts

Avec

T. Holland, Zendaya, M. Tomei

Genre

Fantastique (2h09)

Distributeur

Sony

Peter Parker décide de rejoindre ses amis pour des vacances en Europe. Cependant, son projet d’abandonner son costume de super-héros est compromis quand il accepte à contrecœur d’aider Nick Fury à éclaircir le mystère de plusieurs attaques de créatures.

Hier espoir en culottes courtes, Tom Holland enfile pour la quatrième fois en deux ans le costume de Spider-Man dans « Far from Home ».

Un gamin anglais qui prend des cours de danse durant le temps libre que lui laisse l’école, se fait harceler par ses camarades sur le mode « Ouh, la fillette ! », persiste malgré tout et finit par devenir une vedette internationale. Billy Elliot ? Non… Et oui. Non, parce que, aussi incroyable que ça puisse paraître, cette mini-biographie est bien celle de Tom Holland. Oui, parce que, à quelques détails près, elle retrace également le destin fictif du personnage immortalisé en 2000 par le film de Stephen Daldry, soit 4 ans après la naissance du jeune acteur. Quitte à ce que la coïncidence prenne un tour encore plus irrationnel, on ajoutera que ce dernier intégra pour ses débuts le monde du spectacle à 12 ans dans le rôle-titre, on vous le donne en mille, de « Billy Elliott – The Musical », fabuleux spectacle qui se joua à guichets fermés de 2008 à 2010 au prestigieux Victoria Palace Theatre de Londres.

SUR LES POINTES

De fait, hormis le fait qu’il soit né dans milieu aisé (père romancier/scénariste, mère photographe) et que le hip-hop ait constitué sa discipline de prédilection, leurs trajectoires se ressemblent comme deux gouttes d’eau. « Un jour, Stephen Daldry m’a remarqué pendant que je me produisais dans la rue avec un groupe de copains danseurs », raconte-t-il. « À l’époque, il cherchait un nouvel interprète pour la troisième saison londonienne de “Billy Elliot”, il m’a fait auditionner, je me suis entraîné, et j’ai obtenu le rôle. »  Sollicité en 2011 pour doubler le héros dans la version anglaise du film d’animation japonais « Arrietty – Le Petit monde des chapardeurs », c’est un agent artistique qui, après l’avoir apprécié sur scène, fera savoir l’année suivante à ses parents qu’il recherchait un jeune comédien pour incarner le fils de Naomi Watts dans le récit-catastrophe « The Impossible », superproduction hispano-américaine inspirée par le tsunami qui ravagea la Thaïlande en 2004.

DES DÉBUTS PROMETTEURS

Durant les très nombreuses interviews qu’il donna à la sortie du film, où sa performance aussi émotionnelle que physique bouleversa aussi bien les foules que les professionnels du circuit, il répondit invariablement : « Pas du tout, je vais toujours au lycée » chaque fois qu’on lui demanda si les conséquences de « The Impossible » avaient influé sur sa vie. Avant d’ajouter : « Et je prends des cours d’arts dramatiques pour me perfectionner. » Couvert de récompenses pour son rôle, il aura tout de même du mal à mener une existence d’adolescent comme les autres. « Maintenant c’est ma vie », « Au cœur de l’océan »… Si Tom Holland, soutenu et conseillé de façon décisive par son père dans les aléas du métier, choisit ses films avec discernement, c’est en effet pour ne pas se laisser dépasser par un vedettariat et des sollicitations qui le détourneraient trop vite de ses priorités scolaires et familiales. Puis, en juin 2015, au terme d’un casting international qui vit défiler plus de mille cinq cents prétendants, il se retrouve parmi les six finalistes d’un marathon d’auditions destiné à dénicher celui qui incarnerait Peter Parker/Spider-Man dans « Captain America – Civil War. » « J’avais surtout postulé parce que, tout petit, ma chambre et mes armoires étaient envahies de poster, de panoplies, de tee-shirts et de statuettes de l’Homme Araignée, sans parler de ma couette et de mes oreillers », dit-il. « Quand j’ai appris un mois plus tard qu’on m’avait choisi, je crois que j’ai été davantage surpris que fou de joie. »

APPELÉ À RÉGNER

Le temps de confirmer son tempérament dramatique dans « Escapade fatale », « Quelques minutes après minuit » et le superbe « The Lost City of Z », Tom Holland est devenu grâce à « Homecoming » le nouveau titulaire officiel, le plus jeune de tous, du super héros Marvel. Après sa « mort » traumatisante dans « Avengers – Infinity War » et sa résurrection par flash-backs interposés dans le récent « Endgame », il revient aujourd’hui pour la quatrième fois grâce à « Far from Home », où sa juvénilité et son énergie réussissent encore l’exploit de ne pas se laisser totalement écraser par l’hyper spectacle environnant. Y en aura-t-il une cinquième ? « Je ne pense pas que j’irai beaucoup plus loin », prévient-il. « Déjà, parce que rien ne dit que mon contrat sera renouvelé ; ensuite, parce que j’ai déjà très envie de me renouveler. » Bientôt héros du film d’horreur « The Devil all the Time » pour Netflix et du récit fantastique « Chaos walking », il semble à seulement 23 ans tout à fait prêt à tenir son engagement.

L’INFO EN +

Jake Gyllenhaal, qui joue ici Mysterio, a été à deux doigts d’incarner l’Homme-Araignée en 2004 dans «Spider-Man 2» en remplacement de Tobey Maguire, blessé sur un autre tournage, puis guéri juste à temps.